Des actions MED-3R concernant les déchets plastiques.

Près de 300 millions de tonnes de plastiques sont annuellement produites dans le monde dont seulement 5% sont recyclées. La découverte en 1997 du 7ème continent de plastique dans le nord de l’océan Pacifique, par le navigateur américain Charles Moore, a alerté le monde sur ses conséquences écologiques, bien que la production mondiale annuelle du plastique poursuive sa croissance. Des siècles sont pourtant nécessaires pour la dégradation de cette matière, qui, fortement intégrée dans notre vie quotidienne, ne tardera pas à s’infiltrer dans notre chaine alimentaire. En effet, suite à sa fragmentation, le plastique se désagrège en micro-plastique, polluant plus de 88% des surfaces océaniques, et servant de support aux micro-organismes pathogènes mais aussi aux polluants organiques persistants tels que pesticides, phtalates ou polychlorobiphényles dits PCB.

Des solutions technologiques commencent à voir le jour, permettant de transformer le plastique en pétrole (la société japonaise Blest), de développer des matériaux de remplacement du plastique (le bioplastique ou Shrilk aux caractéristiques des cuticules des arthropodes) et de nettoyer le 7ème continent (le projet The Ocean Cleanup).


Les déchets plastiques à Aqaba :

Des mesures règlementaires vis-à-vis du plastique et plus particulièrement des sacs plastiques commencent à être instaurées dans des pays de différents continents, notamment en Jordanie où le tourisme constitue un important pilier économique, défavorisé par une forte pollution visuelle. Plus de 30 millions de sacs sont dispersés chaque année à travers le pays, alors que 3 milliards de sacs plastiques sont utilisés annuellement. Ces chiffres correspondent à une consommation moyenne de 1,4 sac plastique/personne/jour selon les estimations du ministère de l’environnement du pays(sites web de l’UNESCO et des Nations Unies en Jordanie).

De ce fait, et dans le cadre de MED-3R, l’Autorité de la Zone Economique Spéciale d’Aqaba (ASEZA), souhaite modifier le schéma actuel de consommation et d’élimination des sacs plastiques. Elle a ainsi élaboré un plan de gestion préventif des déchets et des sacs plastiques d’Aqaba, intitulé APreWaM (Aqaba Preventive Solid Waste Management, ou Gestion Préventive des Déchets Solides à Aqaba).

Ce plan de gestion est basé sur l’évaluation de la situation actuelle et fixe les actions envisageables pour une réduction de la consommation des sacs plastiques dans la ville.

Sa mise en œuvre comprend des actions de sensibilisation auprès de la communauté locale (consommateurs et des magasins de détails), le remplacement des sacs plastiques jetables par des sacs réutilisables au niveau des grandes surfaces et le soutien logistique aux chiffonniers et aux organismes non-gouvernementaux tels que le Green Key (ou la police environnementale).

En outre, ASEZA réalise une enquête sur la préparation d’une règlementation pour la réalisation d’une « ville exempte de sacs plastiques » ainsi que sur la possibilité de recycler ces déchets plastiques.

Différents types de sac dits écologiques (sacs fragmentables, biodégradables, compostables, bio-oxodégradables, etc.) sont commercialisés dans le monde entier, dont certains sont conçus à partir de composés naturels (tels que la farine de maïs, de pommes de terre, de canne à sucre et les plumes de poulet), ou synthétiques (tels que le polyéthylène et le polyalcène). Un traitement non approprié de ces différents types de sacs pourrait avoir un effet contraire à l’objectif initial pour lequel ils ont été conçus et pourrait augmenter leur effet polluant. Ainsi, la réutilisation ou la prévention de l’utilisation de sacs correspondrait cependant à la façon la plus écologique de réduire les nuisances de ce type de déchets.


Les déchets plastiques à Gênes :

A Gênes, la lutte contre les déchets plastiques est exprimée par la mise en place d’une initiative intitulée « Reuse » (ou « Réutilise »).

Il s’agit d’une démarche instructive, mise en place par les partenaires génois du projet MED-3R et visant à donner une deuxième vie aux déchets plastiques à travers des approches culturelles et artistiques.

S’étendant sur une année comprise entre novembre 2014 et octobre 2015, Reuse a été répartie en quatre sections : ‘’PalazzoVerde’’, ‘’Basamenti’’, ‘’Shot’’ et ‘’Plastic Street’’ comprenant de multiples évènements tels que des ateliers, des concours artistiques, des expositions, des jeux et d’autres évènements. Les différents participants (particuliers, amateurs et professionnels) bénificient de la possibilité de récupérer le matériel leur permettant de créer œuvres artistiques et objets utilitaires, lors des visites des centres de tri de la région organisées par la Municipalité.


       

La Republica.it - 26/06/2014
La Republica.it - 29/11/2014
Italie - 01/07/2014



Les déchets plastiques à Nice :

Conjointement à l'action pilote "Reuse", une exposition sur le devenir des déchets a également été organisée à la Maison de l’Environnement de Nice, entre avril et juin 2015. Ainsi, des échanges d’œuvres artistiques, des accueils mutuels d’exposants et de participants et des ateliers scolaires par visioconférences, ont été réalisés entre la Métropole Nice Côte d’Azur et la ville de Gênes.

Œuvres génoises à la Maison de l’Environnement de Nice.


   
Exposition sur le devenir des déchets à la Maison de l’Environnement de Nice.